Doux-Amer

La série photo “Doux-Amer” reflète les souvenirs laissés après la mort d’un proche, d’une personne aimée. Avec le temps, les émotions tendent à se transformer en un étrange sentiment « doux-amer », fait d’autant de tristesse que de nostalgie et de tendresse. Ce projet explore ce ressenti unique à travers ma propre expérience et celle de ma famille après la mort de mon grand-père. Bien qu’il ait disparu depuis plus de 10 ans aujourd’hui, ma famille, et en particulier ma grand-mère, ont appris à vivre sans lui. Cependant, il en reste encore beaucoup de traces, que ce soit dans les objets, les lieux, les souvenirs, les émotions ou les moments. Cette série cherche à questionner la faillibilité et la fragilité de la mémoire : les scènes remémorées sont édulcorées par le temps, les traces de souvenirs se mêlent à celles que l’on réinvente, le passé se transforme en présent. Quand quelqu’un disparaît, on peut se souvenir d’elle ou de lui à travers des interprétations personnelles très différentes. Et cette mémoire, volatile et changeable, qui a lieu encore longtemps après la période de deuil, reste essentielle pour celles et ceux qui restent et apprennent à vivre « sans ».

J’ai commencé à travailler sur ce projet il y a plus de trois ans en utilisant un appareil photo argentique appartenant à ma mère, créant ainsi un lien symbolique entre le passé restauré et le présent. A travers les lieux et objets, tels que les albums de photos de famille, j’ai cherché à interroger la force de la photographie, dans la vie de tous les jours, en tant que témoin visuel de ce qui a existé et de ce qui n’est plus. Cette valeur de la photo comme marqueur physique du passé est d’autant plus à questionner dans un contexte où les clichés sont plus souvent numériques que tirés sur papier.

Ce projet est toujours en cours.

Doux-Amer (Bittersweet)

This photo series ‘Doux-Amer’ (Bittersweet) is about memories after the loss of a close and loved one. As time goes by, most of the emotions turn into a ‘bittersweet’ feeling, made of sadness, nostalgia, and tenderness. This series explores the uniqueness of such feeling through my own family’s experience after the loss of my grandpa. As he died more than 10 years ago, all my family, and especially my grandma, have learned to live without him. However, many traces of him remain, either through objects, places, memories, feelings or sceneries. The project attempts to show that memory is capricious and fallible: recollections fade away, real memories blend with imaginary ones, the past takes the shape of the present. When someone disappears, her or his memory is always remembered through different and personal interpretations. That changeable recollection, that takes place long after the mourning, is essential for the livings ones who stay and must live with the loss.

I have started working on that photo series more than 3 years ago using a film camera inherited from my family to make it a symbolical link between the restored past and the present. Through places and objects, such as old family photos, I have intended to question the power of photography as a visual witness for memory and recollection. In a time where digital photography is overpowering, such palpable witness like a printed photograph embodies a greater value for what does not exist anymore.

That project is ongoing.

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