Laurène Becquart

Documentary Stories

La campagne des cabanes en bois

Text Stories

là où les bois frais et humides
étouffent le son de tes pas
maladroits
où les feuilles craquellent
au rythme du vent et sonnent,
creuses, quand coule le ciel
où les piaillements aériens couvrent
les râles de la terre
où le humus et le goût des champs
masquent celui des dépouilles
où les airs urbains lointains bourdonnent
au milieu des bruissements timides
et imprègnent le silence bruyant de la nature
On y fait illusion
dans une campagne sans odeurs et sans restes
aux racines fines et aux branches flexibles
la couleur sang
est celle des myrtilles que l’on croque
en tarte et que l’on savoure
comme la madeleine de Marcel
le fumier,
saisonnier, est celui du souvenir déguisé
la fin,
celle des brins d’herbe que l’on
arrache
d’une main pensive, couchée, lascive
du rural il en reste un peu de boue,
celle qui décore les semelles et le tapis
les jours de pluie
la solitude,
imaginaire, est celle du temps romanesque
et des jeux que tu t’inventes
les cris sont ceux des rires larmes soupirs qui
volent de branche en branche et
attrapent la liane, celle qui te hisse jusqu’à la cabane.
La cabane en bois
où germent les rêves naïfs
et se meurent les ombres raisonnables de tes certitudes